10 juillet 2006
Le consommateur est il prêt à trier ses emballages biodégradables ? Retour d’expérience en Allemagne
En 2001, un marché test d’utilisation d’emballages biodégradables a été financé par le ministère fédéral de l’agriculture Allemand, en partenariat avec les industriels de l’emballage. Une large gamme de produits conditionnés sous emballages biodégradables ont été mis sur le marché par des enseignes de grande distribution et des poubelles à bio déchets ont été mises à la disposition des consommateurs. Le test s’est déroulé sur 10 mois et a permis de mesurer l’intérêt des consommateurs pour ces emballages et leur capacité à trier les emballages en question dans les poubelles spécifiques. C’est à l’occasion de ce projet que le logo Compostable a été créé. Un institut de recherche marketing de Cologne a mesuré les évolutions des comportements d’achats et de tri des bio-emballages. L’université de Bahaus a supervisé les aspects de gestions des déchets et a étudié la qualité du compost et de ses applications en agriculture : les résultats en terme de renouvellement d’achat, de tri et de qualité finale du compost ont été jugés satisfaisants.
A la suite de l’expérience menée par les habitants de Kassel, un système incitatif de cotisation a été mis en place par le Duales System AG , l’ éco organisme en charge de la collecte sélective des emballages : une cotisation point vert « allégée » est en effet désormais appliquée aux emballages biodégradables .
Deux questions : L’expérience est elle transposable au consommateur français ? Eco emballage, forte du mandat qui lui est donné d’œuvrer pour inciter les industriels à une politique de prévention/ réduction , saura- t -elle (voudra –t- elle) mettre en place une cotisation incitative pour les emballages « environnementally friendly »
Camille Saint Dominique
La biomasse , c’est quoi ?
Petit Larousse : « masse totale des êtres vivants ».
Directive 2003/30/CE du PE du 8 mai 2003 : « fraction biodégradable des produits , déchets, et résidus provenant de l’agriculture de la sylviculture et des industries connexes ainsi que la fraction biodégradable des déchets industriels et municipaux ».
La biomasse végétale présente des atouts majeurs puisqu’elle permet de diminuer la dépendance énergétique ( elle peut être une source d’énergie :chaleur, carburant, électricité), de réduire les émissions de gaz à effet de serre ( l’utilisation de polymères d’origine végétale (hors polymères bactériens) en substitution de polymère d’origine pétrolière permet d’éviter l’émission de 50 à 75% de co2.), de remplacer des produits issus de la pétrochimie par des bio produits, moins nocifs pour l’environnement et la santé , de créer de nouvelles industries en accroissant les emplois liés à la forêt et l’agriculture.
Grâce à son agriculture et à sa forêt, on estime que la France pourrait mobiliser un potentiel de biomasse de l’ordre de 30 Mtep soit plus de 30% de sa consommation pétrolière totale.
Isaure d’Archimbaud
Le plastique biodégradadable, c’est quoi ?
Une clarification d’abord, le plastique biodégradable, c’est un plastique qui répond aux exigences de biodégradabilité définies dans la norme NF 13432 pour les emballages ; En clair, le matériaux doit pouvoir se dégrader à 90% dans un délai de 6 mois maximum et les résidus ne doivent pas présenter d’effets toxiques sur le milieu.
A ne pas confondre avec le bio fragmentable terme utilisé de façon abusive pour qualifier les matières plastiques traditionnelles (polymères) auxquels on a ajouté des additifs végétaux et minéraux : la fin de vie se traduit par une biodégradation des additifs et par une dégradation visuelle sans désintégration moléculaire des éléments synthétiques ; pour la petite histoire, le Néosac est un sac fragmentable et non pas biodégradable : il se disperse dans la nature en une multitude de poussières de polyéthylène.
Isaure d’Archimbaud