Le blog écolo : penser loin, agir vite

Le blog pour une écologie populaire dans la France d'après...

22 février 2007

Les impacts économiques de l’effet de serre stimulent la communauté et les institutions internationales

Le 14 février dernier, plus de 80 législateurs et responsables des 20 plus grands pays consommateurs d'énergie se sont réunis à Washington

Après la large diffusion du film de AL GORE et le dépôt du rapport du GIEC à Paris, l’existence de l’effet de serre et ses conséquences sont largement admises. La communauté internationale se décide enfin à agir compte tenu des risques économiques prévisibles dus à la détérioration de l’environnement. Les États doivent agir pour relever le défi consistant à maintenir la croissance tout en réduisant le carbone.

L'Europe, les États-Unis, l'Inde, la Chine et 22 autres grands pays émetteurs de CO2 doivent « agir ensemble » pour tenter de venir à bout de ce problème. « Cela revient à reconnaître ce que fait tout le monde et agir ensemble » (STERN).

Le rapport Stern, déposé en octobre dernier, fait une première analyse exhaustive de l'impact économique potentiel du changement climatique et souligne les avantages économiques d’une action pour éviter l’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère :

Si, au cours des deux prochaines décennies, les pays n'agissent pas pour arrêter l'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, les coûts et les risques globaux liés au changement climatique équivaudraient à la perte d'au moins 5 % du PIB par an. En revanche, une intervention immédiate coûterait à peu près 1 % du PIB mondial chaque année.

Il souligne, d’autre part, que les populations pauvres des pays en développement seraient les plus touchées par des problèmes tels que la sècheresse, les inondations, les ouragans ou l'élévation du niveau de la mer qui empireront sans doute considérablement pendant la deuxième moitié de ce siècle et durant le siècle suivant, à mesure que la planète continue de se réchauffer et que fond la glace polaire.

Cela entraînera de grandes migrations des populations. En effet, un nouveau rapport de la Banque mondiale estime qu'une élévation d'un mètre du niveau de la mer transformerait au moins 60 millions d'habitants de pays en développement, en réfugiés environnementaux.

Monsieur STERN s’appuie sur la Banque Mondiale et le FMI qui disposent d’atouts efficaces, l’aide au développement, pour monter ce qui peut être fait en matière d'adaptation et de réduction des émissions de carbone grâce à des types appropriés d'investissements et d'activités économiques et aider, ainsi à mettre en place des structures incitatives adaptées.

Danièle ROUILLAC

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18 septembre 2006

Entretien avec Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET:

Entretien avec Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET dans Ecologie Responsable n° 4 et 5, Printemps-été 2006.

« Le changement climatique, l’enjeu écologique majeur du XXIème siècle »

Député UMP de l’Essonne, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET est la Déléguée Générale de l’UMP en charge de l’Ecologie. Ingénieur de formation, elle est également Présidente du Groupe d’Etude sur la Santé et l’Environnement, elle a été le rapporteur de la mission d’information parlementaire sur l’effet de serre.

Ecologie Responsable : Durant les auditions qu’elle a menées, la mission a entendu de nombreux experts. Avez-vous été surprise, voire inquiète, des constats et prévisions qui ont pu être faits ?

Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET : Oui. Je croyais déjà bien connaître le sujet du changement climatique, mais les connaissances scientifiques progressent très rapidement et témoignent toutes de la gravité du problème. Nous sommes, je le crois, devant l’enjeu écologique majeur du XXIème siècle.

E.R. : La question du changement climatique a-t-elle dépassé les clivages politiques pour aboutir au final, à un consensus lors des travaux d’élaboration du rapport ?

NKM : Nous avons tous partagé le même constat, et le même sentiment d’urgence. Naturellement, nous avons eu des débats sur les mesures à prendre, et c’est bien normal. Finalement, le rapport a été voté à l’unanimité moins deux abstentions, celles des Verts et des Communistes. J’ai regretté ces abstentions, sur un motif politique.

E.R. : Les recommandations préconisées dans le rapport sont-elles à la hauteur ?

NKM : On peut aller plus loin encore. Un jour il faudra aller plus loin, c’est sûr. Mais la force du rapport, c’est de dire « nous, parlementaires de tous horizons, nous avons travaillé sur le changement climatique, et nous disons que c’est grave, très grave. Nous vous proposons une première série de mesures, à la frontière entre ce qui est indispensable pour l’environnement et ce que nous croyons acceptable pour la société. » Si on fait tout, ce sera déjà formidable.

E.R. : Comment faire prendre conscience à la population de l’enjeu climatique qui pourrait, si nous ne faisons rien, complètement bouleverser notre mode de vie ?

NKM : Je crois que la prise de conscience progresse très vite dans la population. Mais je regrette que les émissions de télévision soient encore trop peu nombreuses sur les questions d’écologie. Pour moi, la presse écrite a fait de gros progrès. La télévision doit maintenant suivre. L’action en sera facilitée. C’est important. 

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12 septembre 2006

Lutte contre l’effet de serre et développement

Produire du pétrole libère, en surface, du gaz dissout. Le brûlage, ou torchage, de ce gaz « non désiré » dans les zones d’exploitation pétrolières, fait partir chaque année en fumée 150 milliard de m3 de gaz naturel. Ce qui correspond au quart de la consommation annuelle aux Etats-Unis, à 30 % de la consommation annuel de l’U.E à 75 % des exportations de gaz de la Russie. Or, ce gaz récupéré permettrait de faire baisser de 13 % le montant des émissions de dioxyde de carbone, responsable de l’effet de serre.

Le gaz torché en Afrique représente que 40 milliards de m3 par an. Retraité par des centrales modernes et efficaces, il permettrait de doubler la production électrique de l'Afrique subsaharienne (à l'exclusion de l'Afrique du Sud).

Pourquoi ce gâchis depuis tant d'années? Le manque d’infrastructures (compresseurs et gazoducs) le défaut de marchés pour la vente du gaz produit dans des régions reculées, un défaut de réglementation -les contrats pétroliers stipulent souvent que les pétroliers ne sont pas propriétaires du gaz qui appartient à l’Etat hôte,  ce qui les amène à considérer que le gaz a une valeur économique négative-.

Aujourd’hui, le Protocole de Kyoto et le financement du carbone permettent de rendre ces projets économiques viables, autant que nécessaires, dans la lutte contre l’effet de serre.

Depuis quatre ans, sous l’impulsion de la Banque Mondiale, les gouvernements des pays producteurs, les institutions financières, les compagnies pétrolières et le secrétariat de l’OPEC ont constitué un partenariat   - GGFR -  Global Gaz Flaring Reduction Partnership : partenariat public-privé créé pour la réduction des volumes de gaz torché ou rejeté dans l’atmosphère afin d’aider les gouvernements des pays producteurs et les compagnies pétrolières à réduire la quantité de gaz «torché » chaque année et à le récupérer.

Ce partenariat GGFR qui contrôle aujourd’hui plus de la moitié des site de torchage du monde vise à créer un cadre facilitant la mise en place des investissements.  Il ne dispose pas de fonds mais par ses actions et conseils aide à convaincre les compagnies privées qui acceptent de faire les investissements pour créer les infrastructures nécessaires pour leurs vieux champs. En revanche pour tous les projets nouveaux, Total, par exemple, impose la règle du « zero continuous flaring » dès l’étude de développement .

Dans 17 projets dans les pays partenaires, le GGFR favorise l’engagement des actionnaires des différentes parties, de façon à rendre les projets de récupération de gaz viables et de donner  accès au crédit carbone.

La récupération du gaz pour produire de l’énergie dans les pays pauvres producteurs tels que l’Angola, le Nigéria, l’Afganistan, pourrait être associée à des projets industriels écologiques -tels que le site de Kalunbord au Danemark- et concourir à des projets à la fois bénéfiques pour le développement et la protection de la planète.

Danièle Rouillac.

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06 juillet 2006

Effet de serre : dans vingt ans, il sera trop tard

Par Jean-Yves Le Déaut, Député PS, président de la mission d'information parlementaire et Nathalie Kosciusko-Morizet, député UMP, rapporteur de la mission.

Tribune parue dans Le Figaro du 4 juillet 2006

Rassemblés au sein de la mission d'information parlementaire sur l'effet de serre, nous avons travaillé six mois à auditionner, à réfléchir, puis à proposer. Chacun, toutes tendances confondues, a pu mesurer l'ampleur de la tâche et l'urgence du sujet.

Le constat est désormais unanime et s'impose à nous comme une inquiétante évidence : l'effet de serre est la plus grande menace et le défi majeur du XXIe siècle. Les conséquences du changement climatique sont prévisibles, pour certaines déjà présentes. On parle déjà des premiers «réfugiés climatiques». Les scientifiques du monde entier ne cessent pas de tirer la sonnette d'alarme : si nous ne changeons pas d'attitude, nous irons droit dans le mur. Les ruptures sont nécessaires à partir d'aujourd'hui, car tout porte à croire que dans vingt ans, il sera trop tard. L'insouciance énergétique nous a conduits au dérapage climatique. Nos modes de production et de consommation y ont grandement contribué tout au long des deux derniers siècles. C'est un constat avéré.

L'effet de serre inaugure une période nouvelle sur toute la surface de la terre et pour tous les peuples. L'immobilisme est désormais interdit. Il serait suicidaire. Nous voici donc face à l'enjeu écologique majeur, et il est déjà trop tard pour l'éluder. Les implications socio-économiques de l'effet de serre sont au coeur même des équilibres géostratégiques : contraintes énergétiques, conditions du dialogue entre les pays du Nord et du Sud, nouvelles formes de migration. Le climat définit, en somme, les contours d'une nouvelle gouvernance mondiale.

Face à des phénomènes sans précédent, nous apportons, par facilité, quelques correctifs, souvent techniques, parfois juridiques, mais nous ne sommes pas engagés dans une réelle remise en cause de notre modèle de développement. Que le Parlement s'en soit saisi est une aubaine, et là est également son rôle (1).

Il n'est pas trop tard, mais presque. Les mesures doivent être prises dans la décennie. Nous sommes désormais dans un nouvel âge de la responsabilité. Aussi insurmontable que cela puisse paraître de prime abord, nous devons changer de mentalités et de comportements, mais aussi sensibiliser les autres. Nous devons développer nos connaissances et les partager aussi avec d'autres pays : dans un monde de plus en plus «globalisé», les solutions devront l'être également.

Au responsable politique, bien sûr, de réécrire toutes nos politiques publiques. Aucune ne peut échapper à ce surgissement de l'écologie, comme une donnée, une contrainte, un moyen. Mais l'Etat ne doit pas demeurer le seul acteur. Le gouvernement de cet avenir-là appartient à chacun, collectivités locales, entreprises, associations, citoyens.

Même si le progrès scientifique ne peut pas tout – les changements de comportements doivent franchement s'imposer –, il existe déjà des avancées scientifiques et technologiques extraordinaires qui n'attendent que d'être mises en oeuvre. Il y en aura nécessairement d'autres à condition de soutenir fortement la recherche, l'innovation et la coopération scientifique internationale. La lutte contre le changement climatique peut également constituer une réelle opportunité économique. Plus nous agirons tôt pour réduire les émissions, moins difficile sera l'ajustement, et plus nous pourrons en retirer de bénéfices économiques.

L'«économie positive» qui serait induite par cette stratégie volontariste serait féconde, à la fois en matière de croissance et d'emploi. Cette mission parlementaire se sera inscrite dans le droit-fil de la charte de l'environnement. Elle inaugure pour le Parlement, mais également pour chacun, un mouvement qui doit ignorer les sensibilités classiques et s'inscrire comme l'armature des formes de gouvernance locales, nationales et mondiales de demain. Cette mission porte un espoir, espoir que la question du réchauffement climatique sorte enfin des laboratoires et des colloques d'experts. Pour être au premier rang des préoccupations politiques et citoyennes. Pour insuffler une nouvelle dynamique dans les rapports entre les pays du Nord et du Sud. Pour être placé au coeur des débats lors des prochaines grandes échéances électorales.

Posté par redacblogecolo à 06:01 - CLIMAT - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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